Retraite supplémentaire : l'avantage que neuf entreprises sur dix ne proposent pas
Il existe un troisième étage à la retraite dont la plupart des salariés n'ont jamais entendu parler, et pour une bonne raison : neuf entreprises françaises sur dix ne le proposent pas.
Les trois étages, en trois phrases
Le premier est la retraite de base de la Sécurité sociale. Elle est plafonnée : quel que soit votre salaire, elle ne peut pas dépasser la moitié du plafond annuel de la Sécurité sociale — environ 24 000 € par an en 2026.
Le deuxième est la retraite complémentaire obligatoire, l'Agirc-Arrco. Elle fonctionne par points et couvre une part plus large de la rémunération.
Le troisième est la retraite supplémentaire d'entreprise. Elle est facultative : c'est le seul étage où l'employeur choisit d'aller au-delà de ce que la loi lui impose.
Pourquoi cela compte particulièrement dans les métiers de l'informatique et du conseil ? Parce que plus votre salaire est élevé, plus l'écart sera grand entre votre dernier revenu d'activité et votre pension. Les deux premiers étages sont construits pour remplacer une fraction décroissante des hauts salaires. Le troisième sert précisément à combler cet écart — et c'est celui qui manque le plus souvent.
Ce que disent les chiffres
Les enquêtes publiques de la DREES et de la Dares donnent une image précise, et assez sévère, de la réalité française.
- 9 % des entreprises de dix salariés ou plus proposent un dispositif de retraite supplémentaire. Dans les services non financiers — notre secteur — la proportion tombe à 7,2 %.
- Même parmi les entreprises de plus de mille salariés, seules 33 % en ont mis un en place.
- Et surtout : dans les entreprises qui en proposent un, la moitié seulement des salariés en bénéficient réellement. La pratique courante consiste à le réserver à une catégorie — les cadres dirigeants, ou ceux qui dépassent un certain seuil de rémunération.
- Le versement annuel médian, employeur et salarié confondus, s'élève à 1 820 € par salarié, et à 1 500 € seulement dans les entreprises de plus de mille salariés.
Autrement dit : avoir une retraite supplémentaire est rare, et en bénéficier quand elle existe l'est encore plus.
Et chez Salesforce ?
Un dispositif existe — un PER d'entreprise obligatoire, institué par un accord collectif signé fin 2021 entre l'entreprise et la CFE-CGC.
Sa particularité tient en une phrase : il couvre l'ensemble du personnel, sans condition d'ancienneté. Jusqu'en 2021, il était réservé aux salariés dépassant un certain niveau de rémunération. L'accord a supprimé ce seuil. Là où la moyenne du marché couvre un salarié sur deux, la couverture est ici totale.
C'est un acquis de négociation, et il vaut la peine d'être connu de ceux qui en bénéficient sans le savoir.
Pour aller plus loin
Nous avons publié, dans l'espace réservé aux salariés inscrits sur ce site, un article complet sur le dispositif :
- le taux exact de cotisation, sa répartition entre l'entreprise et vous, et ce que cela représente selon votre rémunération ;
- le coût réel des supports sur lesquels votre épargne est placée — frais de gestion et rétrocessions, chiffres à l'appui ;
- un mode d'emploi pas à pas, avec captures d'écran : comment accéder à votre espace, retrouver le profil qui vous a été attribué par défaut, et le modifier si vous le souhaitez ;
- ce qui change en ce moment même sur votre épargne, en application de la loi Industrie Verte ;
- et ce que nous avons demandé à la direction, sur les frais comme sur le bilan du dispositif — jamais présenté au comité depuis sa mise en place.
Ce sont des informations que vous ne trouverez nulle part ailleurs, parce qu'elles supposent d'avoir lu l'accord, l'annexe financière de l'assureur, et d'avoir posé les questions en séance.
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Votre Délégué Syndical CFE-CGC,
Yorgos TRACHANAS
Une question sur votre épargne retraite ? Écrivez-nous à contact@cfecgc-sf.org.
Sources : DREES et Dares, Les retraités et les retraites, édition 2024, fiche 33 « La retraite supplémentaire d'entreprise » ; plafond de la Sécurité sociale fixé par l'arrêté du 22 décembre 2025.